Version pdf sur demande à Stéphan Barron

 

 

 

 

L’ère moderne a été générée par les découvertes des trois dimensions de notre espace, aussi bien la compréhension de la perspective que la découverte des Amériques.

L’ére de la communication commence avec la radio, le téléphone et les nouvelles technologies: satellite, télécopie, télématique. Ces nouveaux média nous emmènent vers les champs inexplorés de la quatriéme dimension, l’espace-temps, ils mettent en question nos conceptions de la réalité. Duchamp et Einstein ont comme formulé la certitude d’un continent à découvrir, les nouveaux média sont les bateaux pour la conquête.

Cet espace est surtout intérieur et conceptuel, même si sa conquête passe par l’utilisation "extériorisante" des technologies de communication. En fait l’implosion de l’espace que provoquent les média fait disparaître la limite entre l’intérieur et l’extérieur, nous devenons espace-temps. C’est parce que cet espace est d’abord intérieur que l’artiste joue un rôle préponderant dans sa conquête, puisqu’avec le mystique, cette quête intérieure est sa raison d’être. Mon approche des média est intuitive mais aussi et surtout conceptuelle, il est un prolongement du travail de Duchamp et des Nouveaux-Réalistes, en particulier Klein et Christo, mais sans aucun rejet des classiques, rejoignant en particulier la "cosa mentale" de Vinci. Il est en continuité directe de l’Art Conceptuel et de l’Art Performance que je considère comme acquis et auxquels je mixe les apports de la recherche en communication: Mac-Luhan, Palo Alto.....

Ma réflexion est surtout portée sur les média comme contenants, c’est à dire sur la spécificité des média que j’utilise. Ainsi pour moi l’Art de la télématique n’est pas la reproduction d’oeuvres d’artistes, reproduction conduisant à un appauvrissement drastique de leurcontenu, mais plutot par exemple, la création d’un roman télématique collectif, car la spécificité de la télématique c’est I’interactivité.

L’Art vidéo n’est pas de filmer la Joconde en vidéo. Il faut introduire sa propre énergie dans la machine!

Enfin, profitant de la confusion même du terme communication, un aspect non négligeable de mon travail porte sur ses deux autres aspects: la communication imaginaire et l’infiltration ou contamination des mass-média.

Dans la communication imaginaire j’utilise les ressorts du rêve et des mythes comme le font les publicitaires, en détournant ces ressorts à des fins artistiques. Dans cette démarche je ne résiste pas à la tentation d’introduire des zones de brouillage et de mystification.

L’approche des mass-média est souvent intégrée à la matière même des pièces d’Art de la communication, elle en constitue un prolongement plus ou moins parasitaire, parfois enrichissant, souvent amusant.

Elle permet en tout cas de toucher un public large et de régénérer l’illusion d’un Art pour tous.

 

Stéphan BARRON


Munich le 31 décembre 1986